MaPrimeRénov’, l’aide à la rénovation pour tous

En 2021, cette subvention sera accessible à tous les propriétaires, sans conditions de revenus, pour financer des travaux d’économie d’énergie. Elle doit permettre d’accélérer la rénovation des bâtiments, notamment les copropriétés.

Voilà une bonne nouvelle. Le dispositif MaPrimeRénov’, mis en place en début d’année 2020 en remplacement du crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE), n’est plus réservé aux ménages aux revenus modestes. Tous les contribuables pourront s’en saisir, à compter du 1er janvier 2021, pour financer un projet de rénovation énergétique dans leur logement. Même les bailleurs seront concernés, mais ils devront patienter jusqu’au 1er juillet 2021 pour en bénéficier. En revanche, l’aide n’est toujours pas accessible aux propriétaires de résidences secondaires.

De 40 à 90 % du coût des travaux

La subvention se cumule avec les primes énergie des entreprises privées (les certificats d’économie d’énergie – CEE) et des bonus, de 500 à 1 500 €, si le bien sort des catégories les plus énergivores de l’étiquette énergie (F et G) ou devient éligible au label BBC (bâtiment basse consommation) à l’issue des travaux.

Le Particulier Par Ludovic CLERIMA Publié le 19/11/2020 à 08:42 http://leparticulier.lefigaro.fr/article/maprimerenov-l-aide-a-la-renovation-pour-tous/

71 % des Français connaissent mal les aides à la rénovation énergétique

71 % des Français connaissent mal les aides à la rénovation énergétique - Batiweb

Ce jeudi 5 novembre, Mon Expert Rénovation Energie présentait les résultats de son sixième baromètre réalisé avec OpinionWay concernant « Les Français et la rénovation énergétique ». Pour cette nouvelle édition, 2 116 personnes ont été interrogées via un questionnaire auto-administré en ligne, envoyé entre le 7 et le 11 octobre dernier. Le point sur les principaux résultats de cette enquête.

Dans un premier temps questionnées sur leur sensation de froid en hiver malgré l’utilisation du chauffage, 43 % des personnes interrogées dans le cadre de cette nouvelle enquête ont répondu avoir froid de temps ou temps, voire souvent. Dans le détail, Frédéric Micheau, directeur des études chez OpinionWay, précise que les femmes sont particulièrement concernées (50 %, contre 35 % des hommes).

A noter aussi l’existence d’un clivage générationnel. La sensation de froid décroît à mesure que l’âge augmente. Ainsi, 58 % des 18-24 ans disent avoir froid, contre seulement 28 % des personnes âgées de plus de 65 ans.

Ce clivage est également social et économique, puisque 56 % des locataires souffrent du froid, contre 35 % des propriétaires.

Sans surprise, la proportion grimpe à 75 % chez les personnes estimant vivre dans une passoire thermique.

Peu de Français connaissent le DPE de leur logement

Mais si on dénombre 4,8 millions de passoires thermiques en France, 35 % des Français ne savent pas s’ils vivent dans une passoire thermique – un pourcentage en augmentation de 3 points comparé à l’année précédente. 24 % des moins de 25 ans estiment toutefois vivre dans une passoire thermique, de même que 18 % des locataires.

Ensuite interrogés sur les travaux de rénovation énergétique, 45 % des personnes ont jugé que de tels travaux étaient nécessaires dans leur logement – un chiffre qui a légèrement reculé ces dernières années, puisqu’il était de 50 % il y a deux ans.

Le pourcentage reste toutefois élevé chez les jeunes, les femmes, et les locataires. Là encore, les personnes vivant dans une passoire thermique sont sur-représentées : 83 % estimant nécessaire de réaliser des travaux de rénovation énergétique.

On observe également une prise de conscience, puisque 85 % des Français pensent désormais que la rénovation énergétique est une nécessité pour réduire la consommation et la facture énergétique de leur logement. D’un point de vue environnemental, 81 % estiment également que cela aurait un impact positif sur la réduction des émissions de CO2. Enfin, dans le cadre dans la crise économique liée à la Covid-19, 78 % pensent que ce secteur permettra de créer des emplois.

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Opinion concernant la rénovation énergétique.

Source : 6e baromètre OpinionWay pour MonExpert Rénovation-Energie

Travaux de rénovation énergétique : 57 % des Français souhaiteraient qu’ils deviennent obligatoires

Plus surprenant : alors que les Français sont plutôt réticents à l’autorité et à la contrainte, 57 % estiment que ces travaux de rénovation énergétique devraient devenir obligatoires, avec une sur-représentation des locataires, mais aussi de nombreux propriétaires (54 % d’entre eux).

Si l’adhésion de principe aux travaux de rénovation énergétique est forte, le passage à l’acte se fait en revanche plus difficilement, notamment pour des questions budgétaires.

« Une méconnaissance généralisée » des aides disponibles

Interrogées sur leur connaissance des aides à la rénovation énergétique, 47 % des personnes ont répondu ne pas pouvoir en citer, et 24 % ne se sont pas prononcées, pour un total de 71 % (7 Français sur 10) ne connaissant pas bien les aides.

Et parmi ceux ayant répondu connaître « les aides de l’Etat », « MaPrimeRénov’ » ou encore « l’ANAH » ou « le CITE », le pourcentage ne dépasse jamais plus de 5 %.

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Des aides très peu connues. Source : 6e baromètre OpinionWay pour MonExpert Rénovation-Energie

« Les Français sont peut-être un peu perdus face à la multiplicité des aides. On constate quand même une méconnaissance généralisée de ces aides », note Frédéric Micheau.

Les Français seraient pourtant prêts à mettre un budget assez conséquent dans ces travaux de rénovation énergétique, puisque 57 % d’entre eux se disent prêts à dépenser plus de 1 000 euros. En moyenne, le budget estimé est de 3 071 euros, soit une augmentation de 605 euros en un an. 36 % des Français seraient même prêts à dépenser plus de 5 000 euros pour ce type de travaux ! Ce budget étant bien sûr corrélé à l’âge et à la catégorie socio-professionnelle, avec une majorité de plus de 65 ans, et de cadres supérieurs.

Passage à l’acte : un problème de communication et de reste à charge

« C’est aussi le rôle des entreprises privées comme Teksial de faire de la pédagogie et de communiquer sur les aides existantes. On est convaincus qu’il faudrait une forme de guichet unique pour relayer ces aides. On est aussi convaincus qu’il doit rester le moins possible de reste à charge, voire pas de reste à charge du tout pour les ménages les plus précaires, sinon ces ménages ne pourront pas se permettre des travaux de rénovation énergétique », commente Jean-Baptiste Devalland, directeur général de Teksial.

La troisième partie de la présentation était ensuite consacrée aux différents types de travaux énergétiques, avec un bilan de 55 % de Français ayant déjà réalisé au moins un type de travaux. Parmi les travaux les plus fréquents : le remplacement de fenêtres, l’isolation des combles, le changement de type de chauffage, et l’installation de thermostats intelligents.

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Ttravaux réalisés en priorité et intentions.

Source : 6e baromètre OpinionWay pour MonExpert Rénovation-Energie

Les intentions sont également à la hausse concernant ces travaux comparé à l’année dernière, et notamment le changement du type de chauffage, avec 23 % d’intention, soit 8 points de plus qu’en 2019.

Parmi ceux qui envisagent de réaliser des travaux, 77 % veulent faire réaliser l’intégralité de ceux-ci par un seul et même prestataire. 

87 % des Français satisfaits des travaux réalisés

Et sur les 55 % des Français ayant déjà réalisé des travaux, la satisfaction est importante : 87 % se disent satisfaits de leur réalisation, 83 % des délais, et 83 % des conseils et de l’accompagnement de l’artisan.

Du point de vue de la confiance, 75 % des Français font confiance aux artisans quant à leur capacité à réaliser des économies d’énergie, 72 % sur la qualité des travaux, 66 % quant aux informations sur les aides, 64 % sur le respect du devis initial, et 54 % sur le respect des délais.

En conclusion, Jean-Baptiste Devalland dresse un bilan contrasté, et donne des pistes pour faciliter la réalisation concrète de travaux : « Ce qui ressort, c’est que la volonté de faire des travaux énergétique est très élevée chez les Français, et pour autant, il y a un problème de passage à l’acte. La pédagogie et la communication semblent fondamentales. Peu de Français sont capables de citer les aides, donc il y a un vrai effort de communication à faire, notamment auprès des jeunes, qui demandent plus d’informations. Cette pédagogie vaut aussi pour la connaissance des logements. On voit que 3 Français sur 10 ne connaissent pas l’état de leur logement. Il y a des pistes : on pourrait par exemple envisager une sorte carnet de santé du logement. Cela contribuerait aux connaissances en matière de rénovation énergétique », conclut-il.

Claire Lemonnier

article de batiweb : https://www.batiweb.com/actualites/immobilier/71-des-francais-connaissent-mal-les-aides-a-la-renovation-energetique-2020-11-06-37010

Transition énergétique : Primagaz passe à la vitesse supérieure avec le biopropane

Matthieu Lassalle, Primagaz
Matthieu Lassalle, président-directeur général de Primagaz. © Primagaz

ÉNERGIE. En lançant ce jour son offre “Prim’eazy” à destination des particuliers, Primagaz souhaite s’inscrire pleinement dans la transition énergétique en proposant du biopropane de manière automatique. Quelques semaines après la présentation du Plan de relance, l’entreprise milite plus largement pour un mix énergétique équilibré.

A l’heure où beaucoup parlent de transition écologique et énergétique, certains décident d’agir concrètement dans ce sens. C’est le cas de l’entreprise Primagaz, qui lance ce 13 octobre 2020 une nouvelle offre baptisée “Prim’eazy”, consistant à proposer automatiquement à ses clients particuliers une fourniture en biopropane, un gaz présenté comme intégralement renouvelable. Devenue en 1999 la filiale française du groupe néerlandais SHV – le premier distributeur mondial de GPL -, la société compte aujourd’hui 700 collaborateurs pour quelque 140.000 clients particuliers, 25.000 professionnels et 1.000 industriels, notamment dans le secteur de la construction, et réaffirme sa “raison d’être” : fournir l’énergie nécessaire aux artisans et petites entreprises dans les territoires, que ce soit en citerne ou en bouteille.À LIRE AUSSI

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85% d’émissions carbone en moins pour le biopropane

“Notre clientèle est très variée, du petit artisan au grand groupe”, explique le président-directeur général de l’entreprise, Matthieu Lassalle. “Dans le bâtiment, on s’appuie sur un tissu d’artisans chauffagistes-installateurs promouvant nos offres, notamment de biopropane, auprès de leurs propres clients artisans et industriels. Nous avons ainsi un millier de partenaires sur l’ensemble du territoire national en mesure de proposer des solutions de transition énergétique.” Un leitmotiv qui semble avoir trouvé un nouvel élan dans la démarche “Primagaz next”, initiée en 2018-2019 

Corentin Patrigeon, le 13/10/2020 à 18:00

Article de batiactu”https://www.batiactu.com/edito/transition-energetique-primagaz-passe-a-vitesse-superieure-60411.php

MaPrimeRénov’ : copropriétaires, voici les aides auxquelles vous avez désormais droit

MaPrimeRénov’ : copropriétaires, voici les aides auxquelles vous avez désormais droit
WLADIMIR BULGAR / Getty Images

MaPrimeRénov’ se décline désormais dans une version copro. Une aubaine pour les copropriétaires, qui ne profitaient jusqu’ici que de très peu de subventions pour engager des travaux de rénovation énergétique. Détails des montants et conditions de ce nouveau dispositif.

Depuis le 1er octobre, MaPrimeRénov’, la principale aide publique pour la rénovation énergétique des logements, est étendue à l’ensemble des propriétaires. Désormais, tous peuvent bénéficier d’un soutien financier, quels que soient leurs revenus, qu’ils occupent leur logement ou le mettent en location. Pour les nouveaux bénéficiaires, les demandes pourront être saisies dès le 1er janvier 2021 (sauf les propriétaires bailleurs, qui devront attendre le 1er juillet 2021), sur le site maprimerenov.gouv.fr. Mais, les travaux engagés dès cet automne pourront bénéficier de cette aide, sous réserve qu’ils soient bien éligibles au dispositif.

Autre bonne nouvelle, et pas des moindres : MaPrimeRénov’ est désormais ouverte aux copropriétés, pour des rénovations globales en parties communes. Véritable parent pauvre de la politique énergétique, la copro ne bénéficiait jusqu’ici d’aucun mécanisme de subventions publiques. Seules les plus fragiles d’entre elles pouvaient être aidées par l’Agence nationale de l’habitat (Anah), via le programme Habiter Mieux Copropriété. A partir de maintenant, tous les copropriétaires peuvent donc bénéficier d’un financement pour leurs travaux des parties communes. Et, petite révolution : MaPrimeRénov’ est directement versée au syndicat des copropriétaires, sous forme d’une enveloppe collective . Et ce, sans distinction des différents statuts – bailleurs et occupants -, donc, mais surtout sans prise en compte des revenus de chaque copropriétaire. De quoi sérieusement simplifier les décisions en assemblée générale !

“C’est une réussite, se réjouit Edouard de Rugy, dirigeant co-fondateur de Reanova, une agence de maîtrise d’œuvre dédiée à la rénovation globale des copropriétés. La cible est atteinte, puisqu’on favorise des rénovations relativement ambitieuses, pour un grand nombre de copropriétés. Et les montants d’aide sont plutôt bien calibrés, de manière à inciter les ménages, sans sur-subventionner.” La prime est en effet ouverte aux copros qui engagent des bouquets de travaux permettant un gain énergétique de 35% minimum. Autre condition, peu contraignante : la copro doit être composée d’au moins 75% de résidences principales.

Jusqu’à 3.750 euros d’aide par logement, hors bonus

Côté montants, MaPrimeRénov’ copropriété se révèle plutôt généreuse, puisqu’elle couvre jusqu’à 25% du montant global des travaux, dans la limite de 15.000 euros par lot. Ce qui revient à verser une aide maximale de 3.750 euros par logement. Ce à quoi peuvent s’ajouter un premier bonus de 500 euros par logement si la copro sort de son état de passoire thermique (sortie des étiquettes F et G de diagnostic de performance énergétique) et un second, là encore de 500 euros par logement, si le projet de rénovation permet d’atteindre le niveau Bâtiment Basse Consommation (BBC). Notez ensuite que l’aide attribuée à chaque copropriétaire est cumulable avec MaPrimeRénov’ individuelle, lorsque des travaux sont également engagés dans les parties privatives (changement de système de chauffage, par exemple). L’enveloppe globale est ensuite cumulable avec les offres Coup de pouce adossées aux certificats d’économies d’énergie, ainsi qu’aux aides locales des collectivités. Enfin, un financement de l’accompagnement est également prévu, puisque la copropriété peut solliciter un forfait d’assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO) correspondant à 30% de la prestation, dans la limite de 180 euros par logement, avec un seuil plancher de 900 euros minimum par copro.PUBLICITÉ

Ce nouveau package est par ailleurs boosté pour les copropriétés fragiles. Celles d’entre elles qui présentent un taux d’impayés supérieur à 8% ou qui se trouvent dans un quartier en renouvellement urbain (NPNRU) pourront bénéficier d’un abondement de l’Anah, à hauteur de 3.000 euros par logement. Mais attention, dans ce cas, le cumul avec les aides CEE ne sera plus possible.

Les ménages modestes pénalisés ?

L’ensemble du dispositif, beaucoup plus accessible, est évidemment salué par les professionnels de la copro, qui appellent de longue date à simplifier les mécanismes de subventions à la rénovation. “L’Etat met enfin le paquet sur la rénovation énergétique des copropriétés, se félicite Dimitri Molle, président co-fondateur de Sénova, une autre société de maîtrise d’œuvre spécialisée sur la copro. Le niveau d’aide, lorsqu’on cumule toutes les subventions existantes, est très élevé, ce qui va permettre de massifier les opérations.”

Pour autant, certaines zones d’ombre subsistent et des arbitrages pourraient encore être rendus par le gouvernement. “Le principe d’une aide MaPrimeRénov’ versée au syndic de copropriétaires est très satisfaisant, mais il va très vite falloir apporter des précisions si on veut que le dispositif soit un succès, décortique Raphaël Claustre, directeur général d’IDF Energies, un des spécialistes francilien de la rénovation énergétique. Dans son ancienne version, le programme Habiter Mieux à destination des copros permettait de subventionner les ménages modestes jusqu’à 45% et les très modestes jusqu’à 60%. Désormais, ces ménages sont globalement moins aidés, puisqu’ils ne peuvent a priori pas cumuler l’aide copro avec les aides individuelles de l’Anah qui leur étaient jusqu’ici accordées. La non prise en compte des revenus au sein de la copro les pénalise donc fortement !”

Une analyse partagée par Edouard de Rugy. “Effectivement, il est question que ces aides ne soient plus cumulables avec la nouvelle version de MaPrimeRénov’, explique-t-il. En l’état, il y a donc un trou dans la raquette, puisque les ménages modestes et très modestes vont être moins soutenus. Or, sur nos opérations, ces ménages représentent en moyenne 20 à 30% des copropriétaires.” Le risque étant que les foyers impactés ne puissent suivre le projet de rénovation de la copro et qu’ils bloquent les résolutions en AG ou soient contraints de vendre. L’objectif initial d’accélérer les décisions de travaux en prendrait alors un sérieux coup… Par ailleurs, cela créerait un déséquilibre entre le logement collectif et les maisons individuelles, où les ménages modestes seraient davantage aidés.

Contactés, les services du ministère du Logement sont déjà sur le pont pour trouver une solution. “Il subsistent encore quelques points de complexité, dans le cumul des aides collectives et individuelles, reconnaît-on dans l’entourage d’Emmanuelle Wargon. Nous travaillons donc à une simplification de l’ingénierie financière, pour éviter que les aides individuelles viennent en déduction de l’enveloppe allouée à la copro.” Une solution devrait donc être présentée dans les semaines à venir, pour pallier le problème.

THOMAS CHEMEL  PUBLIÉ LE 17/10/2020 À 9H00  MIS À JOUR LE 19/10/2020 À 10H37

Article Capital “https://www.capital.fr/immobilier/maprimerenov-coproprietaires-voici-les-aides-auxquelles-vous-avez-desormais-droit-1383448

Plan de relance : les acteurs satisfaits pour la rénovation, inquiets pour le neuf

La rédaction, le 03/09/2020 à 16:17

Jean Castex et Barbara Pompili
Jean Castex et Barbara Pompili © F.L. pour Batiactu

ANNONCES. Le secteur de la construction est en première ligne pour bénéficier du plan de relance que vient de présenter le Gouvernement (rénovation, logement, énergie…). Les acteurs ont salué l’effort, même s’ils pointent quelques incertitudes ici ou là. Explications.

Après plusieurs semaines de préparation, le plan de relance, baptisé “France relance”, a été dévoilé, ce 3 septembre, par le Premier ministre Jean Castex, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue à Paris. D’une dimension totale de 100 milliards d’euros, dont 40% de fonds européens, il se destine à “préparer la France de 2030”. Le secteur de la construction est largement concerné par les mesures qui y sont contenues, et les acteurs n’ont pas tardé à réagir pour exprimer une certaine satisfaction, qui ne va pas sans quelques interrogations. Tour d’horizon.

Un “pas de géant” pour la transition écologique

Pour Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique et solidaire, ce plan va permettre à la France d’effectuer un “pas de géant” en matière d’environnement. En mobilisant 30 milliards d’euros à elle seule, soit un tiers de l’enveloppe globale, la transition écologique se présente en effet comme l’élément central du plan de relance gouvernemental présenté ce jour par Jean Castex. Une batterie de mesures large et ambitieuse qui doit permettre à la transition écologique de “faire basculer la France dans une économie plus verte, plus décarbonée”, assure le ministère. La ministre de la Transition écologique, assure que ce virage permettra de “développer des filières qui vont faire de l’innovation et de la rénovation avec du chanvre, du lin, ou des filières de matériaux locaux”.

Bâtiment et logement vont donc concentrer 7,5 milliards d’euros, répartis en plusieurs dispositifs

Premièrement, le budget de MaPrimeRénov va être abondé de 2 milliards d’euros supplémentaires sur les années 2021-2022. Le cabinet de la ministre chargée du Logement l’assure : ce sont bien 2 milliards supplémentaires en deux ans qui seront alloués, qui s’ajouteront non seulement aux 390 millions d’euros de MaPrimeRénov prévus en 2020, auquel ont été ajoutés 185 millions d’euros dans le courant du printemps pour faire face au “succès” du dispositif (qui s’adresse, pour rappel, aux ménages modestes) ; mais aussi aux 350 millions d’euros versés, en 2020, aux ménages aisés qui ont continué de bénéficier du CITE, qui disparaît à la fin de l’année dans le cadre de l’élargissement de MaPrimeRénov à tous les ménages. En outre, “il n’y aura pas de tour de passe-passe, avec par exemple des CEE cachés dans les milliards du plan”, affirment les collaborateurs d’Emmanuelle Wargon.Cette hausse est toutefois à relativiser, car le crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE), que la prime est venue remplacer en 2020, se situait à 1,7 milliard d’euros en 2018. Quoi qu’il en soit, il a été confirmé une nouvelle fois que l’aide serait élargie aux propriétaires bailleurs et aux copropriétés. Dans ce dernier cas il s’agira bien d’une aide directe, que les autorités veulent “simple et lisible”, et qui sera versée directement à la copropriété, sans lien avec les revenus ou le statut de chacun des copropriétaires. Les nouveaux barèmes de ces différents dispositifs ne seront connus qu’à la fin du mois de septembre. On sait néanmoins qu’un bonus sera appliqué si les travaux permettent à une maison individuelle de sortir du statut de passoire thermique, et que l’aide aux ménages intermédiaires et supérieurs (à qui s’ouvrira MaPrimeRénov) sera conditionnée à un bouquet de travaux (dits “rénovation globale”).

“Le logement social fait partie de notre protection sociale et il doit être, en conséquence, pourvu des moyens lui permettant de mener à bien cette grande politique publique”, Jean-Louis Dumont (USH)

Un effort de 500 millions d’euros va par ailleurs être fait pour la rénovation thermique du parc social, permettant d’équilibrer les opérations les plus lourdes pour sauter plusieurs classes énergétiques. A cela s’ajoutera le plan de relance de la Caisse des dépôts, qui prévoit 3 milliards d’euros pour le logement social, et dont le détail sera connu la semaine prochaine. L’Union sociale pour l’habitat (USH) a réagi en appelant l’État d’accompagner ces mesures par la généralisation du taux de TVA réduit à 5,5% pour le logement social et une pérennisation satisfaisante du prêt à taux zéro (PTZ). L’USH souhaite également voir le NPNRU musclé de 2 milliards d’euros supplémentaires. “Je le rappelle, le logement social fait partie de notre protection sociale et il doit être, en conséquence, pourvu des moyens lui permettant de mener à bien cette grande politique publique”, commente Jean-Louis Dumont, président de l’organisme. “Or, depuis 2017, les moyens financiers et donc la capacité à produire de nouveaux logements et à rénover les logements existants ont été rognés, malgré nos alertes répétées.”Quatre milliards permettront par ailleurs de rénover les bâtiments publics, comme les sites des collectivités, les écoles, les lycées (300 millions pour les Régions), les universités, les logements étudiants, le parc administratif de l’État ou encore les commissariats et les tribunaux. Le Gouvernement ajoute que deux milliards seront affectés, dans le cadre du Ségur de la santé, pour rénover Ehpad et hôpitaux.200 millions d’euros sont également prévus pour aider à l’amélioration du parc tertiaire des TPE-PME. Là, le dispositif est calé, et le ministère du Logement a indiqué qu’il s’agirait d’un crédit d’impôt de 30% des travaux, plafonné à 20.000 euros.Enfin, deux dispositifs discutés depuis plusieurs mois voire déjà annoncés sont inclus dans ce plan de relance. Il s’agit, d’une part, d’une aide directe aux collectivités délivrant des permis de construire“au-delà d’un certain seuil de densité”, qui sera fixé par grande typologie de collectivités. 350 millions d’euros y seront affectés, et l’objectif est de favoriser la construction de 50.000 logements en zone dense plutôt qu’en étalement urbain. L’autre dispositif est le fonds friches, de 300 millions d’euros, qui, en subventionnant les opérations de dépollution de friches doit permettre l’équilibrage d’opérations complexes. 500 à 1.000 hectares de friches réhabilitées sont visés.Les acteurs se félicitent pour la rénovation, mais s’inquiètent pour la construction neuveSi la Fédération française du bâtiment se félicite des 7 milliards d’euros mis sur la table pour rénover les bâtiments existants, elle regrette l’absence de dispositif pour relancer la construction neuve, à la peine actuellement. “Sur ce segment, le décrochage, amorcé dès le début 2020 sous l’effet des recommandations du Haut Conseil de stabilité financière, ne cesse de s’accélérer”, peut-on lire dans un communiqué de presse de l’organisation. “L’accompagnement à la réhabilitation des friches, pour important qu’il soit, ne permettra pas la relance à court terme de l’accession sociale et de l’investissement locatif. Il y a là de nombreux emplois en jeu.” La profession demande ainsi un retour au PTZ à 40% pour toutes les zones et une prolongation du Pinel au-delà de 2021.Même son de cloche, sans surprise, du côté de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), pour qui les deux aides pour le neuf (une aide aux maires ‘densificateurs’ de 350 millions d’euros sur deux ans et un fonds ‘friches’ de 300 millions d’euros) ne sont pas suffisantes. “Soutiens de la production, elles vont dans le bon sens, mais elles ont trois défauts : une portée limitée au regard des enjeux, une grande complexité de mise en œuvre et un effet différé”, estime la fédération. “Si rien ne les complète, le risque est fort de voir la production durablement affaiblie, avec deux conséquences majeures à court terme : une contraction de l’activité et une pénurie de logements abordables. […] Nous avons donc toujours besoin de produire du logement neuf. Pour cela, il faut faciliter la production par la simplification administrative et la digitalisation.””Si rien n’est fait, si aucune mesure ne vient rapidement stimuler la demande, soutenir l’offre et booster la reprise du secteur, le scénario du pire est à craindre”, estime pour sa part Grégory Monod, président des Constructeurs aménageurs de la FFB (LCA-FFB).

Un soutien de 470 millions d’euros à la filière nucléaire

Dans “France relance”, l’accent sera aussi mis sur les innovations dans le domaine de l’énergie, ce qui se traduira par un soutien de 470 millions d’euros à la filière nucléaire. Une somme qui se compose entre autres de 200 millions de crédits budgétaires pour financer la montée en compétences et la Recherche & développement du secteur, la numérisation des équipements, le recyclage et l’installation d’équipements de sécurité ; le Programme d’investissements d’avenir débloquera quant à lui 170 millions pour développer des prototypes de SMR, des petits réacteurs nucléaires modulaires.La filière hydrogène touchera pour sa part une enveloppe de 2 milliards. L’occasion pour le ministère de la Transition écologique d’annoncer qu’un plan global sur cette énergie d’un montant de 7,2 milliards d’euros et portant sur la prochaine décennie sera dévoilé la semaine prochaine par Barbara Pompili et Bruno Le Maire ; plan qui cherchera à dynamiser l’offre – via des démonstrateurs et une pré-industrialisation – et à soutenir la demande.

Pour les professionnels du photovoltaïque, “l’annonce de ce jour est cruciale”

Le syndicat Enerplan espère que l’effort en matière de rénovation énergétique intègrera l’autoconsommation au sein des bâtiments, peut-on lire dans un communiqué de presse diffusé par l’organisation. “Qu’il s’agisse de chaleur ou d’électricité, les installations solaires thermiques et photovoltaïques apportent une économie directe de carbone et de charges pour les occupants des bâtiments rendus plus efficaces grâce à l’isolation.” La profession voit d’un bon œil l’investissement pour développer la filière hydrogène, solution qui “couplée aux parcs solaires” serait “particulièrement adaptée”.“L’annonce de ce jour est cruciale pour la relance économique de milliers d’artisans, de PME ou de plus grandes entreprises”, commente son président Daniel Bour. “Les acteurs du secteur solaire sont en capacité de se mobiliser pour la relance et de créer très rapidement des emplois pérennes sur tout le territoire.”

Vie des entreprises : les dispositifs de soutien prolongés

Pour continuer de sauvegarder l’emploi, le Premier ministre a confirmé la baisse de 10 milliards d’euros d’impôts de production au 1er janvier 2021. 7,6 milliards seront, eux, consacrés au chômage partiel de longue durée, que la ministre du Travail Élisabeth Borne a qualifié de “bouclier anti-licenciements”. Un dispositif pensé pour “les entreprises qui subiront une baisse d’activité dans les prochains mois”.Pour renforcer les fonds propres des TPE et PME, 3 milliards d’euros seront mis à disposition, sous la forme d’une garantie publique à des fonds d’investissement responsables labellisés “France relance”, et de prêts participatifs de long terme. Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a commenté : “Les TPE-PME ont connu des problèmes de trésorerie majeurs, les prêts garantis par l’État leur ont permis de voir venir, mais elles s’interrogent aujourd’hui sur le remboursement de ces prêts”, a-t-il rappelé. “Je veux dire aux TPE que nous continuons à échanger avec la fédération bancaire française pour négocier le taux le plus attractif possible, et qu’elles n’ont pas d’inquiétudes à avoir à ce sujet.”Une aide à l’embauche des jeunes de moins de 26 ans et des personnes handicapées sera par ailleurs dotée d’un ligne de 3,2 milliards d’euros. Elle prendra la forme d’une prime de 4.000 euros pour les contrats conclus entre le 1er août 2020 et le 31 janvier 2021 (sont concernées les entreprises de toutes tailles, embauchant un salarié de moins de 26 ans en CDI, CDD de 3 mois et plus, pour un salaire allant jusqu’à 2 fois le Smic). Deux aides seront lancées pour les contrats d’apprentissage et de professionnalisation. Embaucher un apprenti mineur sera ainsi assorti d’une aide de 5.000 euros pour la première année du contrat (8.000 euros pour les apprentis majeurs), si l’accord est conclu entre le 1er juillet 2020 et le 28 février 2021. Dans le même ordre d’idées, 300.000 parcours d’accompagnement vers l’emploi seront lancés.

Et aussi…

Pour le reste, le secteur des transports bénéficiera d’une enveloppe de 11 milliards d’euros, dont une petite moitié sera dédiée à la relance du ferroviaire. Les projets de développement de métropolitains, tramways et autres transports en commun en site propre devraient en outre être accélérés. On notera enfin que 2 milliards seront consacrés à des mesures de soutien à la biodiversité – qui engloberont l’économie circulaire, les réseaux d’eau et d’assainissement ainsi que la lutte contre l’artificialisation des sols -, et que la forêt française pourra compter sur 200 millions dans le cadre de son adaptation au changement climatique et la lutte contre les sécheresses.Un autre axe du plan consiste en l’affectation de 1,2 milliard d’euros pour décarboner les industries les plus ‘polluantes’. Un industriel pourra ainsi être aidé pour investir dans des procédés moins émetteurs de gaz à effet de serre, ou bien pourra bénéficier d’une aide de l’État qui viendra compenser le surcoût causé par l’emploi d’une énergie décarbonée par rapport aux énergies fossiles.

Article de batiactu “https://www.batiactu.com/edito/plan-relance-detail-mesures-btp-reactions-acteurs-60144.php

MaPrimeRénov : les acteurs du chauffage bois veulent un meilleur traitement des dossiers

Florent Lacas, le 22/09/2020 à 15:27

Chauffage bois
Chauffage bois © Pixabay

CRITIQUE. Le déploiement de MaPrimeRénov est-il limité par des soucis techniques à répétition et de manque de formation de certains sous-traitants ? C’est ce qu’affirme le syndicat français des chaudiéristes biomasse (SFCB). Eric Trendel, son président, en dit plus à Batiactu.

Alors que le dispositif MaPrimeRénov est en activité depuis presque neuf mois, “il n’est pas encore arrivé en vitesse de croisière”, explique à Batiactu Eric Trendel, président du Syndicat français des chaudiéristes biomasse (SFCB). Selon l’organisation, qui a diffusé un communiqué de presse le 18 septembre sur ce thème, le site de l’aide financière est sujet à des bugs répétés. Au point que pour Eric Trendel, les professionnels “ne disposent toujours pas d’un outil qui leur permette de travailler sereinement.”

De “nombreux dossiers bloqués”

La question des difficultés purement techniques n’est pas le seul reproche formulé par le SFCB. “Nous pensons qu’il existe un problème de formation des sous-traitants, et leur capacité à endiguer le flux de demandes”, indique le président du SFCB, pour qui “très peu d’opérations ont été bouclées”. En effet, les installateurs feraient face à “de nombreux dossiers bloqués”. Ceci est en partie lié au confinement, qui avait repoussé l’étude des premières demandes à début avril 2020, et les premiers versements à fin avril. Pour rappel, d’après les derniers chiffres communiqués par l’Anah, 61.582 MPR ont été accordées – mais pour combien de versements concrets ? “Les contacts avec l’Anah s’améliorent toutefois depuis quelques temps”, remarque toutefois Eric Trendel.

Plus de CITE en 2021, excepté pour les bornes de recharge de véhicules électriques
Contacté par Batiactu, la ministère délégué au Logement nous assure que le crédit d’impôt transition énergétique (CITE) disparaîtra en 2021 pour tous les ménages, sauf pour les opérations d’acquisition et de pose de bornes de recharge de véhicules électriques. MaPrimeRénov sera, comme déjà indiqué, ouvert à l’ensemble des ménages.


“Le Gouvernement souhaitera mettre en place une aide lisible et simple à solliciter”

Ces critiques tombent alors même que le SFCB se dit plutôt satisfait des annonces gouvernementales dans le cadre du plan de relance. “Nous sommes contents de voir les ménages aisés rejoindre le dispositif MaPrimeRénov”, assure Eric Trendel. “Nous avions expliqué à l’État que les sortir du champs de l’aide risquerait de freiner la recherche & développement et la mise en place de produits innovants, comme les chaudières à granulés à condensation.” Mais pour le professionnel, tant que les détails précis de mis en œuvre ne sont pas connus, on reste dans l’attente. L’accès des ménages aisés à MaPrimeRénov sera-t-il conditionné à la réalisation d’un bouquet de travaux ? Les propriétaires bailleurs pourront-ils rénover le logement loué à la condition d’en diminuer le loyer ? A ces deux questions, le ministère délégué au Logement, contacté par nos soins, se contente de rappeler que tous les détails seront connus avant le 1er octobre prochain. “En tout état de cause, le Gouvernement souhaitera mettre en place une aide lisible et simple à solliciter, y compris pour les propriétaires bailleurs”, nous indique-t-il toutefois.Chaudières à bûches : le SFCB “tire la sonnette d’alarme”
Depuis plusieurs années, le syndicat français des chaudiéristes biomasse (SFCB) constate une baisse continue des ventes de chaudières à bûches, supplantées par les chaudières à granulés. “C’est dommageable, car nous avons dans la foret française un vivier de ressources pour faire du bois bûche.” Mais la foret française, très morcelée, reste sous-exploitée, et surtout, “se meurt”, pour Eric Trendel. “Énormément d’arbres subissent des chocs hydriques du fait des sécheresses, ils dépérissent.” D’où le double intérêt de gérer ces forets durablement en les mettant à contribution pour le renforcement de la filière ‘bûches’.Les professionnels de la biomasse attendent également un coup de pouce CEE à l’installation de chaudières bois bûches de dernière génération, ce qui permettrait de remplacer le parc d’appareils obsolètes, avec des effets bénéfiques en termes de pollution, d’efficacité énergétique, mais aussi pour participer à la structuration d’une filière française.

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Un nouveau contrat de transition énergétique a été signé

Publié le 19/02/2020 à 17:06

Signature du CTE Pouilly-en-Auxois
Signature du CTE Pouilly-en-Auxois © Twitter Antoine Bréhard (BDT)

ENVIRONNEMENT. Les pouvoirs publics ont passé avec la communauté de communes de Pouilly-en-Auxois et Bligny-sur-Ouche (Côte-d’Or) un nouveau contrat de transition écologique.

Ce 17 février 2020, la secrétaire d’État à la Transition écologique et solidaire Emmanuelle Wargon a signé le contrat de transition écologique (CTE) de Pouilly-en-Auxois et Bligny-sur-Ouche (Côte-d’Or). Le dispositif s’appuie sur quatre axes : la lutte contre la précarité économique, la transition agricole et alimentaire, la préservation des forêts et de la biodiversité, enfin le développement des énergies renouvelables. Neuf actions seront ainsi déployées, à l’aide d’un financement de 1,67 million d’euros.Le ministère met deux actions en avant dans un communiqué de presse. Tout d’abord, une nouvelle gestion de la forêt intercommunale face au défi de l’adaptation au changement climatique. Mais aussi la mise en place d’une boucle locale électrique. “L’objectif de cette expérimentation nationale, soutenue par l’Ademe, est de permettre aux collectivités territoriales d’acheter directement l’électricité d’origine renouvelable produite sur leur territoire, afin d’approvisionner leurs bâtiments publics.”

Pour rappel, les CTE constituent un dispositif contractuel construit à l’échelle d’un ou plusieurs établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), entre l’État et des collectivités. Chacun d’entre eux comprend un programme d’actions concrètes d’une durée de 3 à 4 ans, avec des engagements précis établis entre partenaires, et des objectifs de résultats qui font l’objet d’un suivi et d’une évaluation.

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Chaudière bois : une offre pour aider les artisans et leurs clients

Florent Lacas, le 24/10/2019 à 12:03

Label flamme verte sept étoiles
Label flamme verte sept étoiles © F.L. pour Batiactu

RÉNOVATION. Une nouvelle offre vient proposer d’accompagner artisans et leurs clients pour remplacer leur chaudière au fioul par une chaudière bois à granulés. Elle est pilotée par la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) et la société Butagaz.

Une offre destinée à faciliter l’installation de chaudières bois par les artisans vient d’être lancée par la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) et la société Butagaz. Sous le nom de “Chaudière bois Facilipass”, elle fait suite aux deux offres précédentes concernant les pompes à chaleur et les chaudières à haute performance énergétique. Ces dispositifs prennent place dans le projet gouvernemental d’éradiquer les chaudières au fioul.


Mensualisation sur 60 mois

Cette offre, précise la Capeb dans un communiqué de presse, “permet le financement par mensualisation sur 60 mois, de travaux d’installation et d’entretien de chaudières à granulés de bois pour les clients particuliers”. Le dispositif “se présente sous la forme d’une mensualité packagée tout inclus, permettant l’installation d’une chaudière à granulés de bois performante”. Cette mensualité démarre à 59 euros par mois sur cinq ans. L’organisation professionnelle se félicite de ce qu’elle considère être un succès pour ces offres Facilipass, avec 1.000 entreprises déjà inscrites en six mois d’existence.Un dispositif qui veut garantir “l’indépendance des artisans”
Les sociétés délégataires de certificats d’économie d’énergie (CEE) prennent de plus en plus d’importance sur le marché, apportant aux clients une offre ‘clé en main’ contenant les travaux, mais aussi le financement et le montage du dossier. C’est pour ne pas être dépendant de ces structures, qui réalisent en cumulé des dizaines de milliers de chantiers de rénovation par an, que les artisans du bâtiment ont lancé ces trois offres Facilipass. “Elles permettent de garantir l’indépendance de l’artisan dans la constitution de son offre”, nous explique Jean-Claude Rancurel, président de l’Union nationale artisanale couverture-plomberie-chauffage à la Capeb.“Cela nous place ainsi en concurrence avec ces acteurs délégataires de CEE. Les artisans ne sont pas encore assez habitués à ce modèle de vente, à la prise en compte du financement, alors que les clients nous le demandent. Or, nous ne sommes pas des professionnels de la dimension commerciale. Mais grâce à ce partenariat, une grande partie de l’administratif est pris en charge : l’artisan ne doit pas tout faire !” Il regrette toutefois que les TPE du bâtiment ne se saisissent pas plus massivement de ces offres, qui sont également ouvertes aux non-adhérents à la Capeb. Ce qui ne devrait pas empêcher la’organisation de sortir d’autres versions du Facilipass, notamment en matière de solaire et d’hybride.Cette offre se veut également une aide pour les artisans, promettant de simplifier les démarches administratives et de financement. “Un service client chargé de recueillir toutes les pièces justificatives auprès des clients est déjà opérationnel”, précise la Capeb. Ce Facilipass est bien entendu accessible “à toute entreprise qualifiée RGE sur le domaine du chauffage et/ou de l’eau chaude au bois”. Six marques sont impliquées sur ces produits Flamme verte sept étoiles : De Dietrich, Domusa teknik, Fröling, Oertli, Red heating, Viessmann).

“Cette démarche intéressante vient compléter un dispositif de soutien aux chaudières à granulés de bois plutôt bien calibré (notamment pour les ménages en précarité énergétique) et va permettre de poser la chaudière à granulés comme un candidat sérieux et économique au remplacement du fioul (près de 4 millions de ménages)”, commente Damien Mathon, secrétaire général du groupe Poujoulat, contacté par Batiactu.L’artisanat du bâtiment profite d’une conjoncture favorable
La Capeb a dévoilé ses chiffres de conjoncture ce 24 octobre 2019. La croissance se situe à +2% au troisième trimestre 2019 par rapport à la même période en 2018. “Cette hausse de l’activité est toujours portée par le dynamisme de la construction neuve (+2,5%), mais également par la forte croissance de l’activité d’amélioration de performance énergétique du logement (+2%)”, commente l’organisation patronale. “La poursuite de la croissance au 3e trimestre 2019 pour l’artisanat du bâtiment est une bonne nouvelle !”, commente Patrick Liébus, président de la Capeb. “Cependant, cette dynamique est inégalement répartie sur le territoire et les conséquences du contexte politique actuel sont incertaines pour l’artisanat du bâtiment. Les municipales, les changements relatifs au Crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE)… pourraient notamment impacter la croissance.”A noter, une bonne tenue de l’investissement puisque 24% des artisans du bâtiment interrogés ont investi au cours des 6 derniers mois et 18% envisagent d’investir au cours des 6 prochains mois.

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Réchauffement climatique : les entreprises appelées à être plus ambitieuses

C.P., le 02/12/2019 à 17:41

Solaire panneaux photovoltaïques
Photo d’illustration © Corentin Patrigeon

ÉTUDE. A la demande de l’Association française des entreprises privées (Afep), le groupe de réflexion The Shift Project a réalisé une analyse de la transition énergétique des acteurs économiques. Les auteurs de l’étude appellent les entreprises à dépasser les limites des scénarios tablant sur une hausse de la température mondiale de 2°C, qui présenteraient des limites méthodologiques.

Si les entreprises veulent contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique, il va falloir qu’elles soient plus ambitieuses dans leurs scénarios d’adaptation. C’est le principal enseignement de l’étude intitulée “Scénarios énergie-climat : évaluation et mode d’emploi”, publiée en ce mois de novembre 2019 par le groupe de réflexion The Shift Project, spécialisé dans la transition énergétique et les politiques bas-carbone. A la demande de l’Association française des entreprises privées (Afep) et de ses 113 membres, les auteurs de l’étude rappellent les “fondamentaux” des enjeux climatiques et énergétiques et appellent les acteurs économiques privés à établir des objectifs et des scénarios plus pointilleux.À LIRE AUSSI

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Face au changement climatique et à la transition énergétique qu’il impose, les entreprises, qu’elles soient publiques ou privées, n’auront d’autre choix que de s’organiser en conséquence, surtout si les gouvernements du monde décident de respecter l’Accord de Paris de 2015 – ce qui, pour l’instant, est loin d’être le cas. “Ces transformations pourront intervenir de manière chaotique, à travers des ruptures profondes d’ordre technologique, politique, économique et social”, souligne l’étude. “Pour faire face à ces bouleversements inéluctables, les entreprises doivent se forger une connaissance précise des enjeux énergie-climat, appliquée à leur propre modèle d’affaires.”

Des scénarios actuels pas forcément viables

Pourtant, les prévisions aujourd’hui établies par les entreprises sont insuffisantes : celles-ci se fondent pour l’heure essentiellement sur des scénarios de transition dits “scénarios 1,5°C” ou “scénarios 2°C”, correspondant à la fourchette de hausse de la température mondiale que l’Accord de Paris recommande de ne pas dépasser. Sauf que ces hypothèses stratégiques ne répondent pas aux enjeux climatiques et énergétiques qui sont face à nous, et ce pour deux raisons : “d’une part parce qu’ils n’ont pas été conçus pour ça, et d’autre part parce qu’ils comportent de sérieuses limites méthodologiques”. En effet, les modèles d’évaluation actuels n’auraient pas été pensés pour prendre en compte des “ruptures économiques et sociétales profondes” et se baseraient sur des “hypothèses hardies” auxquelles il serait difficile d’accorder un très grand crédit, pour la simple et bonne raison qu’elles ne sont pas assez étayées. Parmi ces scénarios peu fiables, on peut citer “une rupture de l’intensité énergétique du PIB sans précédent dans l’histoire économique” ; “le postulat d’une croissance économique future stable, sans impact négatif de la hausse des prix du carbone ou de contraintes sur l’accès aux énergies fossiles” ; ou encore “un développement colossal d’activités de capture-stockage du CO2 pour l’heure embryonnaires”.De même, les scénarios tablant sur une augmentation de 2°C à la surface du globe misent en parallèle sur un gain d’efficacité énergétique de l’ordre de 3% par an sur la période courant de 2020 à 2040 ; or, une telle performance “n’a jamais été observée, y compris lors des chocs pétroliers”, prévient l’étude. “Elle revient dans certains cas à faire l’hypothèse d’une activité économique qui croît sans besoin croissant d’énergie […]”, une situation qui paraît peu probable. The Shift Project fait par ailleurs référence au dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), dont Batiactu s’est fait l’écho, qui lui-même fait état d’un gain d’efficacité énergétique de seulement 1,2% par an à l’heure actuelle.

Etablir des scénarios internes sur-mesure

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Les conclusions du groupe de réflexion sont donc simples : “[encourager] les entreprises à développer la prospective stratégique à l’échelle de leur environnement d’affaires, en privilégiant une analyse fondée d’abord sur les flux physiques” ; et “amorcer un dialogue approfondi avec les concepteurs de scénarios, [pour] progresser vers une meilleure prise en compte des risques, mais aussi des opportunités d’adaptation et de transformation des modèles économiques”. L’Afep, qui a accueilli favorablement les recommandations de l’étude de The Shift Project, a conseillé à ses adhérents – parmi lesquels Alstom, Bouygues, Michelin, Schneider Electric, Suez, Thales, Unibail-Rodamco-Westfield ou encore Veolia – d’intégrer l’analyse prospective à leur stratégie commerciale. Concrètement, voici les principales étapes du processus d’analyse par scénario climatique tel que recommandé par The Shift Project : formuler le problème, puis identifier les “variables critiques” de l’entreprise, avant de réaliser les “narratifs” et de “quantifier” les résultats ; enfin, l’entreprise doit évaluer les impacts pour ses activités actuelles avant finalement d’élaborer des options stratégiques. Les auteurs de l’étude conseillent notamment de mettre sur pied des scénarios internes sur-mesure, considérés comme “un facteur de motivation et un guide pour l’action pour tous les collaborateurs de l’entreprise”. En parallèle, la communication de l’entreprise doit être maîtrisée et se focaliser sur “la description du processus d’analyse par scénario mis en oeuvre, la synthèse des narratifs des scénarios étudiés ainsi que les principaux résultats décrivant la résilience du modèle d’affaires”.

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Réchauffement climatique : les Nations-Unies appellent à redoubler d’efforts

Corentin Patrigeon, le 03/12/2019 à 17:53

Vue de l'atmosphère depuis un ballon
Vue de l’atmosphère depuis un ballon stratosphérique. © Matt Harasymczuk

RAPPORT. Dans son édition 2019, le rapport du Programme des Nations-Unies pour l’environnement (PNUE) sur les émissions polluantes affirme que les températures planétaires vont augmenter de 3,2°C d’ici la fin du siècle, même si l’Accord de Paris est respecté. Pour limiter la hausse du réchauffement à 1,5°C, l’Humanité devrait réduire ses émissions de 7,6% par an d’ici 2030, soit une baisse de 32 gigatonnes d’équivalent CO2.

Les scénarios deviennent de plus en plus pessimistes au fil des mois. Dans son édition 2019, le rapport du Programme des Nations-Unies pour l’environnement (PNUE) sur les émissions polluantes se montre particulièrement alarmiste : si les pays du monde ne diminuent pas leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) de 7,6% par an entre 2020 et 2030, le réchauffement du globe dépassera la hausse limite établie par l’Accord de Paris, soit 1,5°C. Mais le constat s’avère tout aussi sombre si les gouvernements respectent leurs engagements respectifs pris dans le cadre de cet Accord : les températures augmenteront alors tout de même de 3,2°C. Pour la branche de l’Organisation des Nations-Unies (ONU) dédiée au changement climatique, les efforts actuels doivent être quintuplés pour espérer respecter l’Accord de Paris.À LIRE AUSSI

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Le fatalisme semble l’emporter progressivement face à l’absence de réponse collective forte : “Depuis 10 ans, le rapport sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions tire la sonnette d’alarme, et depuis 10 ans, le monde n’a fait qu’augmenter le volume de ses émissions”, a déploré le secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres. “Il n’y a jamais eu de moment plus important pour écouter la science. Ne pas tenir compte de ces avertissements et prendre des mesures drastiques pour inverser les émissions implique que nous continuerons d’être témoins de vagues de chaleur mortelles et catastrophiques, de tempêtes et de pollution.” Selon le rapport du PNUE, les émissions de GES ont progressé de 1,5% par an durant ces 10 dernières années. En 2018, elles ont atteint un nouveau record : 55,3 gigatonnes d’équivalent CO2.

Des engagements à revoir “considérablement” à la hausse

Les 20 pays les plus développés du monde, réunis sous le sigle G20, représentent à eux seuls 78% du total des émissions de GES. Or, seulement 5 d’entre eux ont pris un engagement pour atteindre un objectif de zéro émission à long terme. Au total et à cette date, 71 pays et 11 territoires, représentant 15% des émissions mondiales de GES, s’inscrivent dans ces stratégies de développement durable et de transition énergétique. Et sur le court terme, les pays développés vont devoir assumer une baisse rapide de leurs émissions par rapport aux pays en développement, “pour des raisons de justice et d’équité”, d’après le PNUE. Mais l’effort doit être universel, et les pays en développement peuvent également tirer les enseignements des stratégies mises en place par les pays développés, et opter pour des technologies plus rapides et plus efficaces. D’une manière générale, tous les gouvernements du monde seront dans l’obligation de revoir “considérablement” à la hausse l’ambition de leurs engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris, car les solutions pour atteindre ces objectifs “ne sont pas déployées assez rapidement ni développées à une échelle suffisamment importante”.

Les bons et les moins bons élèves

D’après le rapport 2019 du PNUE sur les émissions de GES, certains Etats se démarquent par leur politique ambitieuse de développement durable et de transition énergétique, tandis que d’autres sont à la traîne.Au sein du G20, la France et le Royaume-Uni font office de bons élèves, avec des législations adoptées et en cours d’application. L’Allemagne et l’Italie sont également sur la bonne voie mais doivent encore ratifier des textes législatifs adaptés. Cependant, 15 pays membres du G20 ne se sont toujours pas fixé d’objectifs zéro émission.Les 4 plus gros pollueurs de ces 10 dernières années sont l’Union européenne, les Etats-Unis d’Amérique, la Chine et l’Inde, pesant pour 55% des émissions mondiales de GES. L’Empire du Milieu mène toutefois une politique incitative visant à développer les énergies renouvelables sur son territoire, l’éolien et le solaire ayant le vent en poupe. Outre-Atlantique, il faut noter que 6 Etats sur les 50 qui constituent les USA ont adopté des législations visant 100% d’énergie propre à l’horizon 2045 ou 2050. De même, une centaine d’agglomérations étasuniennes se sont fixées des objectifs similaires. En Inde, où les épisodes de forte pollution empoisonnent régulièrement les atmosphères des villes, les pouvoirs publics tentent de développer le segment du véhicule électrique.Avec des parts respectives de 4,8% et 2,7% dans le total des émissions de GES, la Russie et le Japon font partie des autres principaux pollueurs. Si l’on prend en compte les émissions dues au déboisement et au remembrement foncier, le Brésil rejoint aussi ce groupe.Enfin, les projections sur les émissions à horizon 2030 montrent que l’Arabie Saoudite, l’Australie et le Canada devront également réduire leurs émissions.

“Notre incapacité collective à agir rapidement et à redoubler d’efforts pour lutter contre le changement climatique implique que nous devons maintenant réduire considérablement nos émissions, à hauteur de plus de 7% par an, si nous les répartissons de manière équilibrée au cours de la prochaine décennie”, avance la directrice exécutive du PNUE, Inger Andersen. “Il est crucial que nous apprenions de nos atermoiements. Tout retard supplémentaire entraîne la nécessité de réductions plus importantes, plus coûteuses et, franchement, peu probables. Nous avons besoin de succès rapides alors que nous mettons en route les transformations sociétales radicales exigées par le changement climatique, autrement l’objectif des 1,5°C énoncé par l’Accord de Paris sera hors de portée”, a-t-elle ajouté.

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Pour atteindre les limites imposées par l’Accord de Paris, les émissions annuelles de GES devront être inférieures de 15 gigatonnes d’équivalent CO2 aux engagements actuels dans le scénario +2°C, et de 32 gigatonnes dans le scénario +1,5°C. Ramenées à l’échelle d’une année, ces réductions seraient de l’ordre de 2,7% par an sur la période 2020-2030 dans le scénario +2°C, et de 7,6% par an dans le scénario +1,5°C. Concrètement, les Etats doivent tripler leurs efforts dans le scénario +2°C, et les quintupler dans le scénario +1,5°C.

Le secteur de l’énergie est à transformer en priorité

En dépit de ce constat plutôt alarmant, les spécialistes du climat et de l’environnement maintiennent une certaine confiance dans la capacité des pays à se retourner face au danger : “La transformation commence petit à petit mais prend rapidement de l’ampleur”, juge Niklas Höhne, fondateur associé du New Climate Institute. “Nous constatons que dans tous les domaines, certains acteurs prennent des mesures véritablement ambitieuses. Par exemple, les objectifs zéro émission et les objectifs 100% d’énergies renouvelables se répandent rapidement, et les engagements en faveur d’émissions nulles dans l’industrie lourde ont commencé à apparaître alors qu’ils étaient impensables il y a encore quelques années seulement.”Au premier plan des secteurs d’activité à métamorphoser radicalement, on retrouve bien sûr l’énergie, et plus précisément la production d’électricité. Alors que plusieurs organisations internationales se sont penchées sur le sujet, appelant même parfois à une “grande coalition” sur les enjeux énergétiques, et que nombre de pays, parmi lesquels la France, travaillent à la diversification de leur mix énergétique, les premiers résultats commencent à se voir : “[…] il est très troublant de constater que, malgré les nombreux avertissements, les émissions mondiales ont continué d’augmenter et ne semblent pas être en passe d’atteindre de plafond dans l’immédiat”, relève le directeur du partenariat PNUE/DTU, John Christensen. “Les réductions requises ne peuvent être obtenues qu’en transformant le secteur de l’énergie. La bonne nouvelle, c’est que l’éolien et le solaire sont devenus dans la plupart des endroits la source d’électricité la moins chère. Le principal défi consiste maintenant à concevoir et à mettre en œuvre un système électrique intégré et décentralisé.”

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